Myriam Toukabri: Latino-oriental de Tunisie à Cuba

Dans les premières notes, j’ai été prise dans ce voyage chaleureux et doux. Bercée par les balancements de la contrebasse, il est vrai que la Tunisie et Cuba partagent le privilège d’être des pays à plage. On croirait que les rayons du soleil entrent dans la créativité, dans la musique. Ici et là la mélancolie est à la fois intense et est chantée à pas de velours, comme une histoire racontée en étant  allongé sur la plage sur fond des bruissements de vagues.

Myriam Toukabri est une chanteuse et auteure-compositrice tunisienne passionnée par la musique latine. Elle s’est initiée à la musique très tôt, auprès d’un père pianiste et jazzman. harmonie magique entre le Oud et la guitare.

Elle reprend des standards cubains et fait un mélange entre l’espagnol et l’arabe.

Avec elle, Cuba et la Tunisie semblent être deux pays voisins

Elle a repris « Veinte anos » Cette chanson est une habanera de 1935. Les paroles ont été écrites par Guillermina Aramburu et la musique composée par Maria Teresa Vera. Elle a été également interprétée par Omara Portuondo, Buena Vista Social Club, Diego El Cigala.

La mélancolie de la mélodie est soulignée par le son grave du oud.

 

¿Qué te importa que te ame
Si tú no me quieres ya?
El amor que ya ha pasado
No se debe recordar
Fui la ilusión de tu vida
Un día lejano ya
Hoy represento al pasado
No me puedo conformar
Hoy represento al pasado
No me puedo conformar
Si las cosas que uno quiere
Se pudieran alcanzar
Tú me quisieras lo mismo
Que veinte años atrás
Con qué tristeza miramos
Un amor que se nos va
Es un pedazo del alma
Que se arranca sin piedad
Es un pedazo del alma
Que se arranca sin piedad
Si las cosas que uno quiere
Se pudieran alcanzar
Tú me quisieras lo mismo
Que veinte años atrás
Con qué tristeza miramos
Un amor que se nos va
Es un pedazo del alma
Que se arranca sin piedad
Es un pedazo del alma
Que se arranca sin piedad

 

Elle a également repris Dos gardenias. C’est un boléro écrit en 1945 par le compositeur et pianiste cubain Isolina Carillo.

Elle a participé au dernier festival de jazz de Carthage.

La belle et la meute:Tunisie réveille-toi

Un labyrinthe dans la ville, un labyrinthe dans la société, un labyrinthe dans la bureaucratie.

Espace public dangereux pour les femmes. A qui faire confiance? Où fuir?

Mariam vient de se faire violée par des policiers. Dans cette sombre nuit s’éternise le calvaire.

L’horreur puis la négation, l’indifférence.  Son ami Youssef la pousse à réclamer ses droits.  Pourquoi faire une révolution si on ne réclame pas ses droits?

Ils vont à l’hôpital pour obtenir une preuve de viol. Mais personne ne veut les recevoir.

Aucune empathie. La machine bureaucrate broie son énergie à se faire reconnaître comme victime.

Etre victime n’est même pas un droit élémentaire pour cette bureaucratie.

Tout cacher. Tout taire. Surtout pas de scandale.  Le scandale se trouve pourtant du côté des violeurs. Eux cette nuit là mène la vie tranquille. Ce ne sont pas eux qui sont inquiétés mais leur victime.

Un monde à l’envers. Un monde où ce qui est censé assurer la sécurité et la protection; la police, menace , commet des crimes. La loi elle prend celle qui l’arrange. La procédure.

Gloire à la procédure qui leur sert d’argument pour refuser la justice.

Au milieu de ce monde à l’envers, Mariam et son ami Youssef cherchent cette justice.

Refuge illusoire, pas de répit pour leur déception de trouver partout silence et fuite.

Mais ce cauchemar est loin de les abattre. Mariam se métamorphose tout au long du film.

Comme si le choc avait planté une graine de révolte et les larmes des épreuves l’arrosaient pour la transformer en force.  Parfois, le militantisme naît du vécue.

Les horreurs de cette histoire collent parfaitement à la mise en scène de ce film qui emprunte aux codes des films d’horreur et de thriller.

La belle est la meute est le 3 ème long métrage de Kahouther Ben Hani. Il a fait sensation lors de sa projection à Cannes dans le cadre de la sélection officielle avec quinze minutes d’applaudissements.

Kaouther Ben Hani vient du cinéma documentaire. Elle aime mêler fiction et réel.

Ses modèles sont Asghar Farhadi,  Cristian Mungiu ou Abbas Kiarostami.

Son documentaire Zaineb n’aime pas la neige a reçu le Tanit d’Or des Journées Cinématographiques de Carthage de 2016;

Pour « La belle et la meute », elle s’est librement inspirée de « Coupable d’avoir été violée » de Meriem Ben Mohamed/Ava Djamshidi.

La musique du film est composée par Amine Bouafa, le compositeur du film « Timbuktu » d’ Abderrahmane Sissako récompensé par un César de la meilleure musique originale.

 

Ce film pose des questions à la Tunisie.  » Où est ta justice? Comment tu accueilles une victime? Comment tu reconnais une victime? Pourquoi cette défaillance policière? Pourquoi tous ces freins pour reconnaître cette défaillance policière?Il est temps que tu reconnaisses les libertés individuelles.  » Certes, c’est une bonne nouvelle que le ministère de la culture tunisien finance ce film. Aujourd’hui en Tunisie, il est possible de réaliser un film critiquant la police, ce qui était impossible sous Ben Ali.

 

 

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑