La dense Emprise de Marc Dugain

Un côté wagnérien me prend à la lecture de l’Emprise de Marc Dugain. Oui cette plongée dans les entrailles du système politique à la fois attire et révulse. Une densité des propos qui force parfois à  lever les yeux, à avaler toutes ces réflexions truffant le récit. C’est une sorte de visite guidée.  Ce n’est pas un roman qui se lit d’une seule traite. C’est un roman qui se lit; puis on le pose pour réfléchir puis on le reprend. Il faut digérer toutes ces idées , ces observations.

« On ne demande plus à un homme politique de penser le monde. Moi, je suis là pour gagner… »

Cynisme est le maître-mot. Deux candidats s’affrontent à une primaire. Launay et Lubiak, les liens entre politique et renseignements et voilà de quoi pimenter les campagnes. 2203459445_67e866a4db_n

On peut se dire ils sont courageux ces gens de s’engager en politique avec tous les tracas que ça entraînent; les mauvais coup, la méfiance, une vie privée sacrifiée.

D’un autre côté, on se demande sont-ils obligés de devenir ces sortes de machines à communication qui perdent sensibilité. On parle des gens et du monde comme si on commenterait  un match de foot sur un divan.

Il définissait la mondialisation comme une perte de contrôle des gens sur leur propre vie en contrepartie de l’opportunité de consommer moins cher. La mondialisation était selon lui peu ou proue la continuation du modèle colonial. Les nations développées continuaient à se procurer des matières premières et de la main-d’œuvre à bas prix.

Et les sondages qui indiquent le sens du vent en un instant donné:

« En vue de l’élection, il venait de recruter un nouveau conseiller politique, l’ancien patron d’un institut de sondage, une de ces sociétés qui, à travers des modèles statistiques complexes, parviennent à connaître l’opinion de chacun sans qu’il ait eu à l’exprimer, ni même la penser, donnant à l’individu le sentiment de n’être qu’une particule dans un flot irrésistible. Ce procédé de vote permanent avait d’ailleurs rendu la démocratie particulière, car, à chaque échéance électorale, chacun savait par d’autres pour qui il allait voter, avant même de l’avoir décidé, devenant ainsi le spectateur de lui-même, ce qui contribuait significativement à un sentiment diffus d’impuissance. »

La politique, un vrai spectacle: des passions, des trahisons, des façades généreux, mais des sous-sols puants.

Pourtant la politique s’occupe du destin des humains. Elle peut être  une formidable force de progrès comme lorsqu’elle abolit l’esclavage ou la peine de mort, lorsqu’elle fait gagner des droits sociaux.  Mais le chemin qui mène au pouvoir…Est- il possible de le faire

humainement sans se faire bouffer par un loup??  Les ambitions… Mais la politique c’est le reflet du monde, il y a de tout: des gens qui sont là pour leur confort et d’autres gens pour le confort de tous.

Je trouve que la construction du roman a un côté film.  Bref, ce roman ne me laisse pas indifférente. Il me reste à lire la suite. L’Emprise est le premier tome d’une trilogie.

 

 

 

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