Spring: Amour; beauté et monstre

Beaucoup de découvertes dans ce film.

Deux réalisateurs: Aaron Moorhead et Justin Benson s’avèrent être d’excellents scénaristes-réalisateurs.  Un récit hyper maîtrisé.  Le décor italien magnifiquement filmé.

Deux acteurs jouant parfaitement en duo: Lou Taylor Pucci / Nadia Hilker

Retrouver cet atmosphère à la fois magique et angoissant des films fantastiques que je regardais adolescente lors du samedi soir ou des vacances où avec les cousines et cousins on s’amusait à regarder des films d’horreur.

Une vraie et belle histoire d’amour tient ce film.

Une plongée dans l’Histoire antique donne un côté conte fantastique.

Ce n’est pas du tout une histoire d’amour de prince et princesse.

Faut pas s’attendre à voir  un genre 4 mariages et un enterrement.

C’est tout un univers à part. Une vraie fiction qui mélange réel et irréel.

La musique est composée par Jimmy Lavalle

Ce film a obtenu l’oeil d’or du festival international fantastique de Paris en 2014.

On peut le découvrir sur le site Outbuster.

 

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Bilan Culturel Décembre 2017

Révélation acteur et metteur en scène: Philippe Nicaud

J’ai vu sa pièce « Le quai des brumes » au théâtre Essaion. C’est une adaptation du scénario du film culte. J’ai été prise par l’intensité du jeu. On sent vraiment l’ambiance très serrée des ces rivalités pour une femme.

Quand Philippe Nicaud joue, il y a vraiment un univers avec lui. On sent le vécu du personnage.

En savoir plus sur Philippe Nicaud

Le Quai des Brumes est joué au théâtre Essaion jusqu’au 14 janvier

Info sur le site du théâtre Essaion

Le film du mois: Le brio d’Yvan Attal

Un prof de droit très droite et une fille de banlieue…

A vue de loin le synopsis peut faire craindre un film à clichés. Mais c’est un cliché… La force du film est justement d’arriver à ne pas tomber dans les clichés. A être dans la nuance.  Je trouve les scènes sur l’éloquence belles originales. Un mélange théâtral et cinématographique.

Une belle réflexion sur la mixité sociale, l’éducation, la société.

La chanson du mois:

Lire: Tes cartes sont un vin: Miguel Hernandez par Sole Gimenez

 

 

 

 

 

Tes cartes sont un vin: Miguel Hernandez par Sole Gimenez

Repérée par mes oreilles voyageuses dans la radio espagnole, je suis prise par l’interprétation émouvante de Soledad Gimenez aussi appelée Sole Gimenez.

Ce titre est partie intégrante d’un album hommage à un des plus grands poètes espagnols Miguel Hernandez mort il y a 75 ans d’une tuberculose en prison.

Accompagnée par une guitare, la mélodie et l’interprétation expriment bien la passion décrite dans ce poème  » Tus cartas son vino ».

Tus cartas son un vino
que me trastorna y son
el único alimento para mi corazón.

Desde que estoy ausente
no sé sino soñar,
igual que el mar tu cuerpo,
amargo igual que el mar.

Aunque bajo la tierra
mi amante cuerpo esté,
escríbeme, paloma,
que yo te escribiré.

Cuando me falte sangre
con zumo de clavel,
y encima de mis huesos
de amor cuando papel.

Tus cartas apaciento
metido en un rincón
y por redil y hierba
les doy mi corazón.

Coups de coeur novembre 2017

Révélation comédienne:

Marta Corton-Vinals

Je l’ai découvert sur la scène du théatre Laurette à Paris dans la pièce Huis clos de Jean Paul Sartre mis en scène par Isabelle Erhart

Marta Corton-Vinals a une magnifique voix grave . Du charisme. J’ai surtout aimé cette belle voix grave.  Formée au conservatoire du XX ème arrondissement. Vous pouvez la voir dans cette démo trouvée sur internet:

Découverte chanson: Aigre-doux

Ecrite par Jean Felzine et interprétée par Carmen Maria Vega

« Je ne sais pas d’où vient cette chanson
Ce thème aigre doux me brûle au fond
Il ne m’en reste que quelques bouts
Mais ils me blessent plus fort que tout. »

Le texte, la mélodie et l’interprétation sont magnifiques et me donnent la chair de poule.

Carmen Maria Vega est une grande interprète. De Mistinguett à Boris Vian ou ses auteurs , elle incarne ses chansons. Elle  diverge dans la conception d’interprète avec celle de Juliette Gréco. Pour cette dernière, interpréter c’est servir le texte d’un auteur. Pour Carmen Maria Vega, c’est s’accaparer un texte au point de faire oublier l’auteur. A chacune sa voie.

Le spectacle du mois:  Et pendant ce temps, Simone veille:

A lire:

Et pendant ce temps, Simone veille : L Histoire des droits des femmes avec rires et chansons

Premier roman du mois:  « Belle merveille » de James Noël:

 » Je ne t’accuse pas, ne t’accule, mais nos morts, nos remords restent sans pardon devant tes errements d’insecte trop  bête en l’air »

« Voleur, voleur, suspends ton vol »

« Un intello, ancien compagnon du Che, demande qu’on place Haïti comme « pupille de l’humanité ». La révolution n’ a pas eu lieu, plus personne n’écoute le guérillero »

« Belle merveille » publié chez Zulma est un roman poétique.

Avec une écriture fine, James Noël donne un regard très humain sur  Haiti. On est loin des chiffres froids. Les victimes du séisme ont des histoires

Le blog de James Noel

La belle et la meute:Tunisie réveille-toi

Un labyrinthe dans la ville, un labyrinthe dans la société, un labyrinthe dans la bureaucratie.

Espace public dangereux pour les femmes. A qui faire confiance? Où fuir?

Mariam vient de se faire violée par des policiers. Dans cette sombre nuit s’éternise le calvaire.

L’horreur puis la négation, l’indifférence.  Son ami Youssef la pousse à réclamer ses droits.  Pourquoi faire une révolution si on ne réclame pas ses droits?

Ils vont à l’hôpital pour obtenir une preuve de viol. Mais personne ne veut les recevoir.

Aucune empathie. La machine bureaucrate broie son énergie à se faire reconnaître comme victime.

Etre victime n’est même pas un droit élémentaire pour cette bureaucratie.

Tout cacher. Tout taire. Surtout pas de scandale.  Le scandale se trouve pourtant du côté des violeurs. Eux cette nuit là mène la vie tranquille. Ce ne sont pas eux qui sont inquiétés mais leur victime.

Un monde à l’envers. Un monde où ce qui est censé assurer la sécurité et la protection; la police, menace , commet des crimes. La loi elle prend celle qui l’arrange. La procédure.

Gloire à la procédure qui leur sert d’argument pour refuser la justice.

Au milieu de ce monde à l’envers, Mariam et son ami Youssef cherchent cette justice.

Refuge illusoire, pas de répit pour leur déception de trouver partout silence et fuite.

Mais ce cauchemar est loin de les abattre. Mariam se métamorphose tout au long du film.

Comme si le choc avait planté une graine de révolte et les larmes des épreuves l’arrosaient pour la transformer en force.  Parfois, le militantisme naît du vécue.

Les horreurs de cette histoire collent parfaitement à la mise en scène de ce film qui emprunte aux codes des films d’horreur et de thriller.

La belle est la meute est le 3 ème long métrage de Kahouther Ben Hani. Il a fait sensation lors de sa projection à Cannes dans le cadre de la sélection officielle avec quinze minutes d’applaudissements.

Kaouther Ben Hani vient du cinéma documentaire. Elle aime mêler fiction et réel.

Ses modèles sont Asghar Farhadi,  Cristian Mungiu ou Abbas Kiarostami.

Son documentaire Zaineb n’aime pas la neige a reçu le Tanit d’Or des Journées Cinématographiques de Carthage de 2016;

Pour « La belle et la meute », elle s’est librement inspirée de « Coupable d’avoir été violée » de Meriem Ben Mohamed/Ava Djamshidi.

La musique du film est composée par Amine Bouafa, le compositeur du film « Timbuktu » d’ Abderrahmane Sissako récompensé par un César de la meilleure musique originale.

 

Ce film pose des questions à la Tunisie.  » Où est ta justice? Comment tu accueilles une victime? Comment tu reconnais une victime? Pourquoi cette défaillance policière? Pourquoi tous ces freins pour reconnaître cette défaillance policière?Il est temps que tu reconnaisses les libertés individuelles.  » Certes, c’est une bonne nouvelle que le ministère de la culture tunisien finance ce film. Aujourd’hui en Tunisie, il est possible de réaliser un film critiquant la police, ce qui était impossible sous Ben Ali.

 

 

 

Un loup pour l’homme: Brigitte Giraud raconte la guerre d’Algérie: une vraie guerre

C’était une vraie guerre. Avec des vraies armes, des vrais blessés, des vrais morts.

Ils n’y allaient pas pour prendre des vacances au bord de la mer;  ils n’allaient pas juste faire « respecter l’ordre ».

Le dernier roman de Brigitte Giraud raconte la vie de ces appelés en Algérie.

Des gens qu’on arrachait à leur jeunesse. Leurs projets sont mit à l’arrêt.

Avec le personnage d’Antoine on découvre l’envers de ce qu’on appelle les événements d’Algérie.

La guerre à nouveau avec ces départs, ses séparations

« C’est violent d’aimer dans ces moments-là. Il envie les célibataires, il envie ceux qui n’ont pas connu l’attachement. »

« Quelle connerie la guerre » disait l’autre.

« Il n’a rien décidé de ce qui est en train d’arriver, mais il est trop tard, il sent comme le bateau l’emporte vers cette vie qui dérive »

 On envoyait des jeunes dans une guerre alors qu’on émettait l’hypothèse de l’abandon.

On obligeait des gens à aller faire la guerre pour quel sens?

C’est ce décalage entre ce flottement et la violence du terrain qui secoue.

Dans une interview donnée à Rue 89 , Brigitte Giraud dit souhaiter un « débat plus large ait lieu autour de ces questions, parce qu’on vit dans un pays où français et français d’origine algérienne vivent séparés, il faut quand même le dire. J’ai l’impression qu’on est prêt pour ça. La preuve, c’est qu’en cette rentrée plusieurs livres traitent de ce sujet et aucun ne le fait de la même manière. »

Dans son précédent roman « Nous serons des héros » il y avait déjà une forte figure du père et une légère évocation de l’Algérie.

Lire la critique « Nous serons des héros » sur Babelio

« Je pense être devenue écrivain pour écrire ce livre. Sur ma carte d’identité, il est écrit « née à Sidi-Bel-Abbès, Algérie » et ce mot, Sidi-Bel-Abbès, est devenu quelque chose de très intime. »

Interview sur Rue 89

Critique sur culture box

Emission sur France Inter avec Brigitte Giraud 

Dès que j’ai su que Brigitte Giraud sortait un nouveau roman, je l’ai toute suite acheté. J’avais eu un gros coup de coeur pour « Nous serons des héros ».  J’ai retrouvé sa belle écriture capable de raconter avec douceur des choses pourtant violentes. Et ses phrases percutantes.

Je ne suis pas du tout surprise que ce roman soit sur des listes de prix.

Sa qualité et sa pertinence.

J’ai été émue de découvrir cette histoire. Un témoignage nécessaire et utile pour combler les silences des mémoires.

 

Numéro une: Louange à la solidarité féminine

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C’est un film qui crée un débat sur l’accès difficile des femmes aux postes de direction mais est aussi une louange à l’action collective.

L’invention du film , un club Olympe destiné à soutenir des femmes pour qu’elles gagnent des responsabilités est le moteur dynamique du film avec la détermination de l’héroïne Emmanuelle Blachey jouée par Emmanuelle Devos. Lire la suite « Numéro une: Louange à la solidarité féminine »

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